Lago di Braies : à visiter ou à éviter ?

Lac de Braies : à visiter ou à éviter ?

 

Sur notre itinéraire de road trip en Italie, c’était un grand point d’interrogation. Le si connu lac de Braies vaut-il la peine qu’on s’y arrête ? Dans cet article, on partage conseils et informations pratiques, mais aussi retour sur expérience et coup de gueule. Hé oui, en voyage, on ne voit pas que des belles choses ! Alors, le lac de Braies, à visiter ou à éviter ?

 

Comment se rendre au lac de Braies (Pragser Wildsee)

Le lac de Braies se trouve dans la commune de Braies (Prags), entre Cortina d’Ampezzo au sud et Brunico au nord. Quasiment à la frontière avec l’Autriche, le lac de Braies se situe au cœur du parc naturel de Fanes-Sennes-Braies. C’est sans aucun doute l’un des sites touristiques les plus prisés des Dolomites.

Pour vous rendre au lac de Braies, c’est simple : il n’y a qu’une seule route. Parkings et lacs se trouvent au bout de cette route, impossible de se tromper. Si vous voyagez sans véhicule, des bus vous conduisent jusqu’au Pragser Wildsee. Renseignez-vous auprès de l’office de tourisme de Bolzano ou de Brunico.

 
 

Visiter le lac de Braies

 lac de braies italie

Il faut se l’avouer, il est quand même très beau, ce lac de Braies. Les grands arbres, les montagnes tout autour, l’eau bleue, la petite église, la cabane et les barques rouges… On se croirait au Canada. Parmi les lacs des Dolomites, c’est sûrement l’un des plus beaux et l’accessibilité du lago di Braies ne fait qu’accroître la popularité de cette partie de l’Italie.

L’hôtel de Braies

L’hôtel de Braies qui garde l’entrée au lac a été construit dans une architecture alpine simple. Il fait pleinement partie du paysage et de l’histoire du lac. Ouvert en 1899, il a été construit par Eduard Hellenstainer pour sa mère, qu’on appelait Mrs. Emma, pionnière dans l’industrie du tourisme dans la région du Tyrol. L’hôtel de Braies a vu passer de riches et prestigieux hôtes, dont l’archiduc Franz Ferdinand, héritier du trône de l’empire Austro-hongrois. Vous vous souvenez de vos cours d’histoire ? Mais si, c’est son assassinat qui déclencha la Première Guerre mondiale.

L’hôtel de Braies a également eu un rôle à jouer lors de la Seconde Guerre mondiale. 139 prisonniers retenus au camp de concentration de Dachau furent déportés à Villabassa, à quelques kilomètres de là. En 1945, ces prisonniers ont été libérés et conduits jusqu’à l’hôtel de Braies où la propriétaire les a accueillis et remis sur pied, jusqu’à ce qu’ils soient réhabilités à intégrer la société. C’est joli, non ?

Comptez 3 étoiles en plus du prestigieux emplacement et vous obtiendrez une note plutôt salée pour une nuit à l’hôtel Braies. Si l’expérience vous tente, nous vous encourageons à réserver votre séjour des mois à l’avance.

Randonner autour du lago di Braies

Pour visiter le lac de Braies, nul besoin de sortir les chaussures de marche. Un chemin large fait le tour du lac, adapté aux poussettes et fauteuils roulants. Prévoyez une petite heure de promenade en prenant votre temps.

Des panneaux indiquent un chemin de randonnée qui part du lac de Braies et monte jusqu’au sommet du Croda del becco, d’où l’on a un point de vue imprenable sur les environs et sur le lac, en contre-bas. Le refuge de Biella (Seekofelhutte) vous attend là-haut pour un petit remontant bien mérité. Pour l’anecdote, sachez que le refuge se trouve à la frontière entre le Trentin-Haut-Adige (qui inclut le Tyrol du sud) et la région de la Vénétie.

Reservez votre nuit à l'hôtel Lago di Braies
 lac de braies italie
 lac de braies italie

 lac de braies italie

Trouver un parking gratuit au lac de braies (et y dormir)

On trouve plusieurs parkings en arrivant près du lac de Braies : le P1, payant, coûte 20€ les 24 heures (prix susceptible de varier). Sécurisé, avec toilettes et eau potable à disposition, il attire pas mal de monde.

Le second parking, le P2, se trouve à une centaine de mètres derrière le P1. Aménagé chichement (pour ne pas dire pas du tout), il n’offre aucun service en-dehors des heures de journée. Payant en journée, il est gratuit à partir de 18 heures, bien que rien ne l'indique. Nous y avons passé la nuit sans être dérangés et nous sommes partis vers 6 heures 30 le lendemain matin. Le gardien semble arriver vers 7 heures 30 pour réclamer son dû, prenez garde à filer avant !

Le lac de Braies et nous : retour sur expérience

 lac de braies italie

Si vous êtes un lecteur assidu de notre blog voyage, vous savez que nous cherchons constamment à éviter la foule. C’est pourquoi nous rendre au lac de Braies a été une question longuement en suspens. Assurément le lac le plus connu des Dolomites (merci Instagram), nous redoutions notre visite du lac de Braies : le monde, les selfies, les parkings payants, non merci. Heureusement, ça ne s’est pas exactement passé comme ça.

Le soir, le bon moment pour visiter le lac

Nous nous sommes rendus au lac de Braies vers 19 heures, après notre visite du MMM de Corones, en espérant y trouver une jolie lumière et moins de monde. C’est effectivement ce que nous avons trouvé. Chouette !

Le lago di Braies et ses environs sont superbes. Le soir, la lumière se couche lentement derrière les montagnes, les nuages jouent avec les derniers rayons du soleil. Il y fait frais, tout est calme, la nature est au pic de sa puissance en plein été. Nous nous promenons tranquillement, nous croisons quelques personnes mais rien de dramatique. Bref, le lac de Braies, c’est encore mieux que sur les photos. Jusqu’à ce que notre balade autour du lac ne prenne un goût amer.

Notre coup de colère

Nous avons déjà poussé un cri de colère sur notre compte Instagram, mais répétons-le : en AUCUN CAS une photo ne mérite qu’on agisse de manière irrespectueuse envers l’environnement, la loi, autrui et le reste des êtres vivants pour l’obtenir.

Parce qu’un bon exemple illustre mieux qu’une phrase moralisatrice, laissez-nous vous raconter notre expérience au lac de Braies.

Avant même d’apercevoir un bout de lac, le visiteur est accueilli par un large panneau d’information. On y apprend que le lac est une propriété privée, détenue par l’hôtel situé juste là. Première règle : vol de drone interdit. Bien. Suivent les recommandations habituelles : ne pas jeter ses déchets, respecter les lieux etc. Du bon sens, somme toute. Sur les bords du lac de Braies, rien d’inhabituel. Des couples se prennent en photo les pieds dans l’eau, les gens se promènent, certains font un pique-nique. La petite cabane en bois, emblématique du lac de Braies, est fermée. Vu l’heure, c’est normal : les barques sont rangées, certaines au milieu du lacs, d’autres au pied de la-dite cabane.

Tout va pour le mieux jusqu’à ce qu’un spectacle lamentable ne se déroule sous nos yeux. Un jeune homme entre dans l’eau, tout habillé à hauteur de la cabane, en portant son sac à dos sur sa tête. Il s’avance jusqu’à trouver l’un des pontons qui descendent dans l’eau et permettent aux passagers d’embarquer. Il monte les escaliers, trempé mais hilare. Le voilà donc sur le ponton, où il déplie son trépied et pose son appareil photo. Il prend sa photo, LA photo du lac de Braies, celle qu’on voit partout. Et on le regarde faire, impuissants et bêtes devant tant de bêtise. Rien de tel pour nous gâcher le moment !

Ce gros malin a préféré enfreindre la propriété privée d’un endroit pour prendre une photo qu’on a déjà vu des milliers de fois plutôt que se contenter de tout ce qu’il y a aux alentours. Cet exemple n’est pas le seul. Chrystelle et Alexandre de Wait and sea ont carrément vu des gens voler des barques le soir pour la même raison : prendre LA photo à poster sur leurs réseaux sociaux. C’est précisément le genre de comportement que l’on redoutait de voir aux Dolomites.

Réseaux sociaux, photographie et voyage : un triangle maudit ?

Nous vivons dans une bien étrange période. Prendre des photos n’a jamais été aussi accessible et pourtant, nous n’arrivons pas à nous détacher d’un conformisme réconfortant.

On pourrait réfléchir longuement à la conformité des photos que l’on trouve sur les réseaux sociaux. Des études le prouvent cependant, notre cerveau aime un certain type d’image. Plus on lui en sert, plus il aime. Automatiquement, l’être humain, cupide égotique masqué, cherche à reproduire les schémas qu’on lui sert à longueur de journées et qui lui plaisent tant. Sans le vouloir, nous sommes tous pris dans ce mécanisme infernal. Le « nous » ici est important : nous non plus, nous ne sommes pas épargnés par le phénomène. Nous aussi, nous nous laissons parfois happer par le « Instagame », celui qui ronge la créativité et impose le conformisme par vague de tendances. C’est là que des comportements toxiques ou simplement stupides surviennent.

Ce que l’on constate, c’est un basculement de la raison. D’abord pour soi, pour figer un instant ou pour créer une oeuvre, la prise d’une photo s’est transformée en démonstration extérieure de puissance. Sur les réseaux sociaux, la puissance passe par le nombre d’abonnés et de likes. Le mécanisme est réglé, bien huilé, et se reproduit à l’infini. Triste histoire que celle-ci.

On pourrait philosopher longtemps sur le sujet. En attendant, voici un conseil pour ne pas tomber dans la spirale infernale de la compétition aux plus belles images : avant de prendre une photo, demandez-vous toujours quelle est votre intention en le faisant. Est-ce pour immortaliser un endroit, un moment ? Est-ce parce que la composition vous plaît et votre œil est appelé à prendre une photo ? Est-ce pour montrer que vous avez été à cet endroit ? Est-ce parce que vous avez vu cette photo sur Instagram et que vous voulez la reproduire ? Pourquoi la reproduire ?

Aujourd’hui, les réseaux sociaux sont autant un outil salvateur qu’un fléau destructeur pour le domaine du voyage. Parmi les lieux victimes de leur succès photogénique, on peut citer l’Islande, les parcs nationaux américains, le Taj Mahal ou l’église San Giovanni à Santa Maddalena. Pour combien de temps encore pourrons-nous agir égoïstement sans penser aux conséquences de nos actes sur le monde qui nous entoure ? Faut-il privilégier l’économie du tourisme à la préservation de sites naturels ou faut-il attendre de les voir partir en poussière ? À quel moment faut-il fermer l’accès aux sites en danger pour espérer les restaurer ou leur laisser le temps de se régénérer ?

 lac de braies italie

Conclusion

Voilà un point de vue qui n’appartient qu’à nous. Nul besoin d’être d’accord avec nous à 100%. Nous espérons cependant que ce coup de colère aura su résonner en vous et que vous y penserez de temps en temps, avant de prendre une photo, avant de visiter le lac de Braies ou tout autre lieu très touristique.

Bien que nous ayons hésité à nous y rendre, nous n’avons pas regretté notre passage par le lago di Braies. Nous y avons passé un moment agréable, calme et reposant. Pour finir une journée en douceur, c’est idéal. Incident mis à part.

Si vous aussi vous avez été témoin de ce genre de comportement déplacé, racontez-nous votre expérience en commentaire. Et n’oubliez pas d’en parler autour de vous, ce n’est qu’en l’exprimant que les comportements changeront !

 

 

Vous avez aimé notre article sur le lac de Braies?

Partagez-le !  C'est une façon simple de nous soutenir et (qui sait ?) d'entraîner vos amis vers une nouvelle aventure.

 
 
 

 
 

 

Envie d'en voir plus sur l’Italie ? Rejoignez-nous sur les réseaux sociaux !

1 abonnement = 1 coup de pouce !


Publié par Freelensers le - Mis à jour

Posté par Freelensers