Ascension du MT Fuji, nos conseils pratiques

Ascension du mt Fuji : nos conseils pratiques et retour sur expérience

 

Montagne emblématique du Japon, symbole de la force tranquille, le Mt Fuji est également un lieu de randonnée. La plupart des Japonais le grimpent au moins une fois dans leur vie, certains tous les ans. Pour beaucoup, c'est un véritable pèlerinage : le volcan est chargé de légendes et croyances religieuses. Cependant, l'ascension du Mt Fuji ne doit pas être entreprise à la légère. Vous trouverez dans cet article de quoi vous préparer correctement à cette aventure hors du commun !

 

Pourquoi faire l'ascension du Mt Fuji ?

Parce qu'en plus de l'aura de toute-puissance que dégage le volcan, de la beauté sobre de ses pentes recouvertes de pierres volcaniques, du panorama insensé au sommet, le sentiment d’accomplissement à l'arrivée est immense.

L'ascension du Mt Fuji n'est pas une excursion comme les autres. C'est une randonnée longue et difficile, voire très difficile selon votre niveau et votre forme physique. Il faut savoir que monter le Mt Fuji se change très vite une épreuve mentale. C'est certes au prix d'un gros effort physique que vous atteindrez le sommet, mais vous devrez puiser en vous une force bien plus profonde que vos seuls muscles. Malgré la fatigue, vous continuerez.

Pas de doute, on parle bien de dépassement de soi et la randonnée vaut largement le dérangement.

 

Quand entreprendre l'ascension du Mt Fuji ?

Les sentiers sont fermés toute l’année en-dehors de la période estivale, qui va du mois de juillet à début septembre. Les dates varient selon les années. Pour vous renseigner, reportez-vous au site officiel. Si vous cherchez quand partir au Japon, vous réaliserez que l'été n'est pas vraiment la meilleure période pour y entreprendre un voyage, mais c'est ainsi. Hors saison estivale, le volcan est couvert de neige.

La particularité de l'ascension du Mt Fuji est qu’il possible de le gravir de jour comme de nuit, pour admirer le lever de soleil par exemple.

→ la journée : on admire le paysage tout autour de soi, le soleil tape plus fort, il y fait moins froid mais il y a bien plus de monde

→ la nuit: à moins que la Lune soit haute et que la nuit soit claire, on n'y voit pas plus loin que le faisceau de sa lampe frontale, il y fait (beaucoup) plus froid mais il y a moins de monde, pour les courageux qui veulent voir le lever de soleil

Il est recommandé d'éviter le samedi et les départs au lever du soleil, quand les sentiers se transforment en véritables autoroutes.

 

Comment arriver au sommet du Mt Fuji ?

Il existe 4 sentiers différents pour atteindre faire l'ascension du Mt Fuji, répartis autour du volcan. Tous accessibles en train puis en bus au départ de Tokyo et d'ailleurs. Si êtes l'heureux détenteur d'un Japan Rail pass, vous pourrez l'utiliser sur les lignes dédiées. Vous pouvez ainsi choisir le sentier qui vous correspond le mieux ou qui, géographiquement, est le plus commode d’accès. Le départ de chaque sentier se fait à une certaine altitude, un bus vous y amène depuis les gares indiquées ci-dessous. À moins que vous n'ayez quelques jours devant vous et préféreriez partir du pied du volcan...?

 
Yoshida Trail:
Le plus facile et le plus fréquenté
6 heures d'ascension, 4 heures de descente.
Le sentier fait une boucle et les randonneurs descendent sur le Subashiri Trail
Nombreux refuges, toilettes et postes de secours
Départ en bus depuis Kawaguchiko et Fujisan Station.


Subashiri Trail:
Relativement facile et peu fréquenté à l'aller
6 heures d'ascension, 3 heures de descente
Le sentier fait une boucle et les randonneurs descendent sur le Yoshida Trail (plus fréquenté)
Pas de refuges à l'aller, nombreux en descente
Départ en bus depuis Gotemba et Shinmatsuba Station


Gotemba Trail:
Relativement facile et le moins fréquenté
7 heures d'ascension, 3 heures de descente
Ce sentier part de plus bas que les autres, ce qui explique qu'il soit plus long.
Ascension et descente sur deux chemins différents.
Peu de refuges, pas de poste de secours
Départ en bus depuis la gare de Gotemba


Fujinomiya Trail:
Assez difficile et relativement fréquenté
5 heures d'ascension, 3 heures de descente.
L'aller et le retour sur le même chemin
Refuges à chaque station, poste de secours à la 8ème station
Départ en bus depuis Mishima, Fuji, Shin-Fuji et la gare de Fujinomiya.
 

Qui peut entreprendre l'ascension du Mt Fuji ?

Certains sentiers sont moins difficiles que d’autres, comme le Yoshida Trail par exemple. Une bonne forme physique et une certaine expérience de la randonnée sont préférables (il faut être capable de marcher pendant une dizaine d’heures aller/retour), mais dites-vous que des personnes âgées le font. Rien n’est impossible. 

Pour éviter le mal des montagnes, il est conseillé de rester une bonne heure - voire deux - à la station n°5, où le bus vous dépose, pour acclimater votre corps à l’altitude. Grimpez lentement à une allure régulière, buvez de l’eau régulièrement, faites des pauses (mais pas trop longues pour ne pas refroidir votre corps), respirez profondément (aidez-vous d’une bouteille d’oxygène si besoin).

Attention cependant : des  accidents mortels surviennent régulièrement durant l'ascension du Mt Fuji. La moindre chute est fatale et les personnes à la santés fragiles (problèmes cardiaques, entre autres) prennent de gros risques. Les recommandations sont nombreuses et vous devez en tenir compte avant de vous préparer pour l’ascension. De même, l'ascension du Mt Fuji est fortement déconseillée aux personnes sujettes au mal des montagnes. Si vous ressentez le moindre malaise, nausée, mal à la tête, vertige, arrêtez-vous et reposez-vous. Si les symptômes persistent, il faut absolument redescendre.

 

Quel équipement pour randonner au Mt Fuji, conseils pratiques

Pendant l'ascension du Mt Fuji, plus on prend de l’altitude, plus la température baisse. Préparez-vous en conséquence et emportez des vêtements chauds (très chauds, même). Essayez cependant de vous organiser de manière à randonner léger. Un sac à dos et l'essentiel à l'intérieur pour être efficace. 

Equipement indispensable à la randonnée de jour:

  • chaussures de marche adaptées

  • bâtons de marche pour aider à la montée et amortir la descente (optionnels mais recommandés)

  • coupe-vent ou parka

  • vêtements de pluie

  • lunettes de soleil

  • crème solaire

  • en-cas (onigiri, fruits secs, bentô tout entier)

  • gourdes d’eau

  • oxygène: des petits « pshit » d’oxygène sont vendus en magasin de sport. Légers et pratiques quand le sommet approche et que l’air se raréfie (une bouteille par personne)

  • sac poubelle

  • antalgiques

 

Equipement indispensable à la randonnée de nuit (en + de l’équipement de jour):

  • bonnet

  • gants

  • collants à porter sous le pantalon de randonnée

  • cagoule/cache-cou/écharpe

  • lampe frontale

  • thermos de thé/boisson chaude

  • vêtements thermiques

  • couverture de survie (optionnel mais idéal pour rester au chaud en cas d'arrêt sur la randonnée)

La nuit, la température baisse d’autant plus. Ne prenez pas ces conseils à la légère et couvrez-vous. En altitude, le vent souffle fort et vous n'aurez aucun moyen de vous en protéger autre que votre coupe-vent ou parka.

 

Derniers détails à connaître pour faire l'ascension du Mt Fuji

  • Le volcan est un site protégé. Par conséquent, veillez à ne pas laisser vos détritus sur place et à éviter d'utiliser le mont Fuji comme toilettes à l'air libre. De vraies toilettes vous attendent aux différentes stations : prévoyez des pièces en conséquence. D'autant plus que les toilettes situées au sommet du Mt Fuji sont les plus hautes du Japon. Tant qu'à faire, c'est une expérience unique !
  • Suivez les sentiers autant que possible: ils sont stabilisés et sûrs pour les randonneurs. Vous prenez le risque de chuter dans un éboulement de pierres volcaniques si vous vous en éloignez.
  • Si vous croisez des randonneurs en pleine ascension pendant que vous descendez du sommet du Fuji, mettez-vous sur le côté pour les laisser passer. C'est la moindre des choses : souvenez-vous combien vous en avez bavé, à l'aller !
     

L'expérience de Lola sur le mt Fuji:

Dernier mois de PVT Japon et une fin en apothéose. Au départ de Nagoya, le sentier le plus accessible en train était le Fujinomiya Trail. Nous étions 4 et avions décidé de le monter de nuit, pour assister au lever du soleil, tant qu’à faire.
Nous avons commencé l’ascension vers 21h30, à la mi-juillet. Très rapidement, nous avons dû nous couvrir (tout était prévu) jusqu’au bout du nez pour faire face au vent incessant qui souffle là-haut. Impossible de se mettre à l’abri sur la route : le sentier circule au milieu de blocs de pierres volcaniques, rien n’y pousse et rien n’y vit. Paysage de désolation à couper le souffle. Heureusement, le temps est clair et la lumière de la lune nous éclaire. Malgré le froid qui se faisait de plus en plus pesant, tout allait bien, jusqu’à ce que l’un de nous commence à ressentir les effets de l’altitude. Nausée et mal de tête grandissants. Battant dans l’âme, il a refusé de redescendre et a tenu à aller jusqu’au sommet, malgré son état qui empirait à vue d’oeil. Je l’ai dis et le redis: ne faites pas comme lui. Si vous vous sentez mal, ne mettez pas votre corps à l’épreuve.
Pour la petite histoire, il s’en est sorti: nous avons continué à monter, en nous arrêtant régulièrement et en prenant des doses d’oxygène à chaque arrêt. Nous avons fait l’erreur de nous arrêter une petite heure pour dormir un peu et reprendre des forces (mon ami était au bord de l’évanouissement). Nous nous sommes réveillés à demi congelés, le corps complètement refroidi et raide. Repartir nous a demandé bien plus d’énergie.

Quasiment au sommet, le Fujinomiya Trail joue sa dernière carte et achève le randonneur exténué: il faut franchir une vaste étendue de glace pour atteindre le cratère. La pente est tellement raide que le moindre faux pas semble fatal. C’est là que de bonnes chaussures à semelles crantées et des bâtons de randonnée sont indispensables (nous, nous l’avons franchi à quatre pattes. Dignité = 0, Vie = 1).
Poser le premier pied sur le cratère du Fuji est libérateur. Quand le mental a pris le pas sur le physique pendant 6 heures, c’est le moment où la pression retombe. La journée, il est possible de se payer un bol de nouilles chaudes, mais malheureusement pas à 4 heures du matin. Et puis, je dois l’avouer, nous avons dû faire face à l’échec ultime: il y avait bien trop de nuages ce jour-là pour voir le soleil se lever. Une petite déception bien vite balayée par la sensation incroyable d’accomplissement.
La descente est longue et pénible pour les genoux, mais la lumière du jour offre un superbe panorama de la baie de Shizuoka, cachée dans l’obscurité à l’aller. Les orteils transis se réchauffent au fur et à mesure que la température remonte et tout ce froid est bien vite oublié quand on lève les yeux et qu'on constate ô combien le sommet est loin !

 

L'ascension du Mt Fuji est une expérience inoubliable et un must-do si vous avez le temps de le faire. Alors, prêts à enfiler vos chaussures et à vous lancer à l’assaut du Mt Fuji ? Super ! Mais n’oubliez pas que ce volcan est toujours actif.  À bon entendeur, salut !

 

PS : ces photos ont été prises avec des gants, par une température bien trop basse et un état de fatigue bien trop élevé. Pardonnez la qualité médiocre !

 
 

 

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